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Dans la peau des volontaires de l’aide à l’Ukraine : un récit poignant

Dans la peau des volontaires de l’aide à l’Ukraine : un récit poignant

Le journal Forbes, grâce à Melik Kaylan, nous restitue l’atmosphère de “la ligne de vie” de la résistance ukrainienne : comment s’organise la logistique qui permet à la population autant qu’à l’armée ukrainienne de tenir face à l’invasion russe ? 

L’épine dorsale de la résistance

On sait tout des drones Bayraktar turcs, des canons Caesar français ou des lance-missiles Himars américains. On ne sait presque rien de la persévérance extraordinaire des héros discrets tenant à bout de bras le pont d’approvisionnement avec le reste du monde. Leur récit est vibrant. 

Les héros du front ne pourraient résister sans ceux de l’arrière, qui renforcent le stoïcisme de la population. C’est un savant mélange de : 

  • bataille des Thermopyles, où les Spartiates retiennent les Perses,
  • et de “Dunkerque” – qui a mobilisé toutes les forces vives maritimes et civiles anglaises. 

Aux premiers jours, des organisations ukraino-américaines se rendent en Pologne, louent une camionnette et approvisionnent l’autre côté de la frontière, grâce à des bénévoles sur place. 

Déjouer l’espionnage russe

En mai 2022, Simon Harper, un musicien de la côte Ouest, et deux amis envoient 30 valises « d’équipement tactique et d’aide médicale », qui entrent dans la deuxième des 3 catégories majeures d’envoi : exclusivement militaire, non létal, mais militaire et purement civil. Pour les deux premières, on doit prendre beaucoup de précautions pour déjouer les intrusions des espions de Moscou. 

Dès avril, les Russes ont bombardé une zone près de Lviv qui servait d’entrepôt pour le matériel et de base de formation pour les combattants étrangers.

Aksenia, un cœur qui bat pour Kiyv

Aksenia Krupenko (photo), l’Ukrainienne au cœur de toute l’organisation, a fait preuve d’un sens pratique extraordinaire pour réduire les coûts de transport au quart de leur valeur. Aksenia a d’abord créé la Revival Fondation, et s’est tournée vers la diaspora ukrainienne pour la collecte de biens et services. Très vite, son appartement est plein à craquer et un bénévole prête une aire de stockage dans le Maryland, puis un autre, etc.

Comment casser le prix du transport de 75% ?

Le coup de génie d’Aksenia a été de mobiliser les bons interlocuteurs, aussi motivés qu’elle, pour monter l’opération à des prix planchers et dans des délais urgentissimes. Il aurait fallu des semaines et 1 million de dollars pour affréter un avion.

Mais Aksenia Krupenko est une fille de l’Est et ce bloc, sous le Rideau de Fer et après la chute du Mur, n’a vécu que grâce au système “D”, au marché noir et à la parole donnée. Ses relais ont exploré des pistes auprès des transporteurs aériens de l’Est. On parle de Krupenko au patron des services postaux ukrainiens Ukrposhta, Igor Smelyansky. L’espace aérien ukrainien est fermé, et la poste opère à partir de la Pologne, associée à Windrose, une compagnie de charters. Volodymyr Kamenchuk, le PDG de Windrose, s’entend avec Aksenia Krupenko pour appliquer un tarif non-commercial, faisant chuter le coût à 250.000 $.

Ukrposhta maintient ouverte l’exportation des PME ukrainiennes grâce à la même compagnie, ce qui permet à l’économie du pays de survivre, contre la volonté de Poutine. Les marchandises transitent par Lublin. 

Les postes ne sont pas seules en guerre et les chemins de fer, Ukrzaliznytsia, sont de la partie pour approvisionner les villes intérieures, à partir de Lviv, jusqu’à Kiyv et autres centres régionaux.

David Kezerashvili ouvre les cieux

Temuri Yakobashvili, ancien diplomate, est le cofondateur de Revival Fondation avec Krupenko. Il lui présente l’investisseur en capital-risque David Kezerashvili, résolument engagé dans la survie des peuples contre l’impérialisme russe. En couvrant les frais du premier avion, début mars, il démontre que l’opération est viable. 

Kezerashvili était Ministre géorgien de la Défense, quand Poutine a envahi l’Abkhazie et l’Ossétie du sud. L’Ukraine a aidé militairement la Géorgie et la réciproque est vraie. 

À l’époque où la noria des avions de Krupenko décolle, les grosses organisations caritatives sont toujours clouées au sol. Ukrposhta n’acquitte pas de frais de douane et l’aide de Krupenko n’en circule que plus vite. 

Julia Pavlenko, à la gare centrale de Kiyv, se charge de la répartition des cargaisons. Bogdana, la sœur et Igor, le beau-frère de Krupenko, coordonnent les bénévoles pour le déchargement. Une partie de celui-ci va à l’armée, pour les produits non létaux dont elle a besoin, l’autre aux institutions civiles, dont le plus grand hôpital pour enfants d’Ukraine, Ohmatdyt. Aksenia visite les blessés et traumatisés de guerre, les enfants, qui la serrent dans leurs bras, épris de reconnaissance. 

 Krupenko a acheminé plus de 150 tonnes de produits indispensables à l’Ukraine en 130 avions, depuis mars. Mais elle ne compte pas s’arrêter là, car elle travaille pour un seul objectif : la victoire.

Quand elle aura recueilli des témoignages en Ukraine, elle retournera au Capitole pour les exposer aux Représentants, en comptant sur leur action.

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