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Coronavirus Covid-19: ce qui peut rassurer … et ce qui devrait inquiéter

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Nous en apprenons un peu plus chaque jour sur “Covid-2019”. Mais le temps presse: avec plus de 2500 morts en quelques semaines, ce virus se révèle extrêmement contagieux et bien plus dévastateur que le SRAS (2002-2003) qui n’avait “que” 775 morts … ‘par an.

L’épidémie s’est propagée au-delà des frontières chinoises jusqu’en Europe où l’on craint l’apparition de nouveaux foyers après ceux de l’Italie. Lundi, quatre pays du Moyen-Orient ont annoncé les premiers cas de personnes infectées sur leur territoire: le Koweït, Bahreïn, l’Irak et Oman.

Les dernières annonces et découvertes apportent des éléments rassurants … et d’autres beaucoup moins. Revue détaillée.

Les points rassurants

• Très rapidement, les autorités chinoises ont communiqué le génome du virus, ce qui a permis le développement rapide d’un test de diagnostic efficace, première étape vers la recherche d’un traitement, voire d’un vaccin. Et une meilleure façon de détecter la maladie, dont les symptômes sont proches de la grippe.

La Chine a annoncé que les premiers essais de vaccins humains pourraient avoir lieu dès avril. L’OMS, quant à elle, dit qu’il faudrait au moins un an pour obtenir un vaccin qui soit opérationnel et utilisable à grande échelle. Et si le virus mute d’ici là, il faudrait peut-être tout recommencer.

Mortel dans 2,3% des cas

• Covid-19 serait mortel dans 2,3% des cas, selon une étude du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies impliquant 72 314 personnes. La maladie serait “légère” dans 80,9% des cas, “sévère” dans 13,8% des cas et “critique” dans 4,7% des cas. Les personnes de plus de 80 ans sont les plus exposées, avec un taux de mortalité de 14,8%. Jusqu’à 39 ans, ce taux reste très bas: 0,2%.

• Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a déclaré “qu’il n’y a pas eu de changement significatif dans l’ADN du coronavirus”. Les experts ont constaté que les personnes sans symptômes graves se rétablissent en environ 2 semaines. Pour les patients les plus touchés, cette période peut aller de 3 à 6 semaines.

• Olivier Véran, ministre de la Santé, a annoncé que 70 hôpitaux supplémentaires seront “activés” pour faire face à une éventuelle propagation de Covid-19 en France. La France renforcera également ses capacités de diagnostic.

• La situation reste pour l’instant stable en France: il n’y a plus de patients hospitalisés en France, selon le ministre de la Santé Olivier Véran.

Les points inquiétants

L’OMS a déclaré une urgence internationale et a appelé lundi à se préparer à une éventuelle “pandémie” de Covid-19. Et pour cause: malgré ces points rassurants, d’autres sont préoccupants.

• En Chine, le nombre de morts a atteint 2 592 personnes et plus de 77 000 personnes infectées. Les autorités ont “complètement” interdit le commerce d’espèces sauvages soupçonnées de faciliter la propagation de Covid-19. L’OMS assure cependant que l’épidémie recule dans le Moyen Empire.

Vous pouvez trouver plus d’infographies sur Statista

• Des chercheurs du Center for Infectious Diseases de l’Imperial College London estiment qu’environ les deux tiers des cas de Covid-19 en provenance de Chine n’ont pas été détectés dans le monde, ce qui pourrait empêcher la détection de plusieurs chaînes de transmission humaine en dehors de la Chine.

Selon les spécialistes, chaque patient infecterait environ 2 ou 3 personnes, mais certains patients ont un potentiel de contamination plus élevé. Steve Walsh, un Britannique de 53 ans qui séjournait dans un chalet à Contamines-Montjoie (Haute-Savoie), était l’un de ces “super-propagateurs”. Il aurait infecté au moins 11 personnes.

Transmissions sans lien clairement établi

• L’OMS est préoccupée par le nombre croissant de cas “sans lien épidémiologique clair”. En Italie, les scientifiques peinent à identifier le “patient 0” de Lomardia et de la Vénétie. Impossible alors de définir un cercle précis de contaminations. Les difficultés à identifier les patients d’origine des nouvelles flambées suggèrent que la contamination pourrait résulter d’un individu asymptomatique.

Pour Arnaud Fontanet, responsable de l’unité “épidémiologie des maladies émergentes” à l’Institut Pasteur (France), cette “transmission communautaire” rend “le contrôle beaucoup plus difficile et suggère un risque d’introduction d’autres foyers que la Chine”. Cas signalés au Liban et le Canada est peut-être à l’origine de l’éclosion iranienne.

Plus mortel que les virus précédents

• Le nombre de cas et le nombre de décès ont atteint de nouveaux niveaux pour un coronavirus. Sept de ces virus peuvent infecter l’homme, et les plus meurtriers jusqu’à présent ont été le SRAS (775 morts en 2002-2003) et les mers (858 morts en 2012). Le Covid-19 est donc déjà – en grande partie – plus meurtrier.

Le pic n’est toujours pas atteint?

• Le pic semble loin d’être atteint: le nombre de nouveaux cas augmente chaque jour. Idem pour le nombre de décès: passant de 20 à 30 par jour les premières semaines, il augmente désormais d’une centaine chaque jour.

Mais surtout, on se rend compte que, loin de diminuer, la progression de la maladie s’accélère. Un «pic» reste, à ce stade, hypothétique. Et imprévisible. Impossible donc de prévoir la régression, et encore moins la fin de l’épidémie.

Une incubation assez longue

• Ce virus peut muter à tout moment. Et devenir plus ou moins contagieux, plus ou moins pathogène. Ce serait un nouveau saut dans l’inconnu.

• L’incubation pourrait atteindre 27 jours! De quoi rendre inutile la quarantaine de 14 jours … L’information est cependant à prendre avec prudence: plus de la moitié des patients étudiés ont en effet affiché une incubation très courte, les cas les plus longs devraient donc rester exceptionnels. Et, surtout, il est difficile de savoir précisément le jour où une personne a été infectée.

Fièvre non systématique

• Autre mauvaise surprise: la fièvre n’est pas systématique, comme nous le pensions à tort. Seuls 88% des patients en souffraient. En particulier, plus d’un patient sur deux n’en avait pas lors de son admission à l’hôpital. Et un patient sur trois n’a pas toussé. De quoi rendre, encore une fois, la détection des patients un peu plus aléatoire …

• Le virus a finalement été détecté dans les selles de 6,5% des patients, ce qui peut constituer un mode de contamination supplémentaire.

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