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COMMENTAIRE. Il est là le monde de demain ?

by Nouvelles

L’envie légitime de légèreté estivale s’accommode mal de la lourdeur du monde. Mille pardons donc si la torpeur ne s’accompagne ici de quelques éclairs. Pourvu qu’ils soient de lucidité. Certains événements récents méritent en effet, que l’on s’y arrête. Ils en disent long sur l’époque et peut-être celle à venir.

Pour alléger le propos, commençons par une devinette. Quel rapport existe-t-il entre une fusée dans l’espace, des pancartes aux slogans nauséabonds, des inondations meurtrières et une Palme d’or ?

Ils sont tous un trait d’union entre passé et présent et dessinent les contours d’un monde qui pourrait bien devenir le nôtre si l’on n’y prend pas garde.

Notre planète souffre

Il y a 52 ans, le 20 juillet 1969, l’homme marchait sur la Lune. Neil Armstrong faisait un petit pas pour l’homme et un grand pour l’humanité. Même si le drapeau américain plantait là les velléités de suprématie d’une nation, l’exploit fut assez unanimement partagé, devenant une réussite collective, l’aboutissement d’un rêve imaginé par Jules Verne.

Aujourd’hui, ce sont les milliardaires qui construisent leur propre fusée, s’affrontant dans une course commerciale au tourisme spatial. Certes leurs exploits personnels contribuent à faire avancer le progrès scientifique. Mais quel est le but, le message envoyé dans l’espace ? Le conquérir pour quitter une Terre que l’homme aura trop polluée ? L’enrichissement d’une minorité aux dépens du collectif finira-t-il comme au cinéma, de Mur-E à Élysée ? Des privilégiés colonisant l’espace, laissant sur terre des déchets ou des bidonvilles…

Car notre planète souffre et le dit. La température grimpe, la banquise fond, les fleuves débordent, la mer monte et l’homme subit ce qu’il a engendré. Les plus pauvres regardent la frontière du voisin et les plus riches, les étoiles…

Les crises politiques et guerrières sont toujours nées sur le terreau de la faim et de la pauvreté chez les plus démunis et de la rancœur revancharde chez les plus favorisés. Ne peut-on donc jamais tirer les leçons du passé ? À condition de ne pas le déformer.

Gardons les yeux ouverts

Les pancartes immondes que l’on a pu voir dans les rangs des manifestations anti-vaccins ou passe sanitaire sont les marqueurs de la banalisation de l’inacceptable. Reprendre une photo du portail d’Auschwitz, la trafiquer pour écrire dessus : « Le passe sanitaire rend libre » est une insulte aux morts. Et un danger pour l’avenir. Il est toujours inquiétant de faire défiler des croix gammées, même détournées.

Bourreau, victime, accouchement de la monstruosité, il y a dans Titane , la Palme d’or du festival de Cannes, cette interrogation métaphorique et souvent insoutenable sur notre devenir. La femme reste l’avenir de l’homme, mais une femme tellement abîmée qu’elle génère, elle aussi, une violence sans limite.

En sommes-nous vraiment là ?

Des lignes rouges ont été franchies, mais le pire n’est pas certain. Le déterminisme reste un chemin évitable. Les constats sont là, connus de tous. Seuls l’aveuglement ou la réécriture complotiste du monde peuvent empêcher de les voir. Gardons les yeux ouverts.

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