Comment les prothèses capillaires proposées par les coiffeurs agréés de Montluçon (Allier) aident les malades du cancer

« Je ne suis pas la seule coiffeuse à faire des prothèses capillaires à Montluçon mais c’est vrai que personne n’en fait la publicité. Du coup, beaucoup de femmes ne savent pas vers qui se tourner quand elles apprennent qu’elles ont un cancer et moi, c’est quelque chose qui me tient à cœur. »

Une service chez des professionnels agréés

Après avoir repris en janvier 2021 le salon de coiffeur Annick et Laure Bourdin, avenue de la République, Laure Rodrigues a décidé de proposer depuis quelques mois un service de prothèses capillaires. « Je le faisais déjà quand je travaillais avec ma mère. » Elle est l’un des professionnels agréés par l’Assurance maladie pour fournir des prothèses capillaires.

L’envie d’aider les malades

Cette envie d’aider les femmes est née d’une expérience très personnelle. Alors que Laure était une jeune coiffeuse, la mère de sa meilleure amie, souffrant d’un deuxième cancer, lui demande de lui acheter une perruque. « Elle m’a dit : “tu es une professionnelle. Je te fais confiance”. Je suis allée au salon de la coiffure à Paris avec ma mère. J’ai choisi sa perruque, le style, la couleur. Je la connaissais très bien. »

« Quand elle l’a essayée, elle a souri. Elle était très contente. Je me suis dit : “ça, c’est chouette !” On apporte un bien-être alors qu’on est juste un intermédiaire. »

Laure Rodrigues (propriétaire d’Annick et Laure Bourdin)

Un acte qui va bien au-delà de la simple vente

Pour la coiffeuse, comme pour sa consœur Corinne Martins, propriétaire du salon la Coifferie également agréée, il est essentiel de faire preuve d’empathie et d’avoir envie d’aider les femmes qui poussent la porte du salon.

« Les médecins restent dans le domaine médical et n’ont de toute façon pas le temps d’aller au-delà. Il y a un grand sentiment de solitude. Les cheveux et leur chute, c’est quelque chose de compliqué à gérer pour les malades. Nous ne sommes pas là pour seulement leur vendre une perruque et qu’elles repartent avec dans un sac comme si elles avaient acheté un jean ou un tee-shirt », insiste Laure Rodrigues.

Corinne Martins collecte également les cheveux pour faire des prothèses en cheveux naturels.

« Si vous basez votre intervention juste sur la vente, il ne faut pas le faire. Il faut rassurer les clientes. C’est très compliqué quand la maladie vous tombe dessus. Il faut accepter le diagnostic. C’est un chamboulement énorme entre le traitement et les changements physiques que cela entraîne. »

Corinne Martins (propriétaire de la Coifferie)

Une intervention dès l’annonce du diagnostic

Laure Rodrigues et Corinne Martins reçoivent les patientes dès l’annonce du diagnostic. « L’entreprise avec laquelle je travaille propose un suivi de l’annonce du diagnostic à la première coupe après la repousse des cheveux. »

« Je ne leur pose jamais de questions sur leur maladie à part la date à laquelle elles vont démarrer la chimiothérapie car elle va déterminer le moment où les cheveux vont tomber. Cela se passe entre 15 et 18 jours après le début du traitement mais quand ça commence cela va très vite. »

Laure Rodrigues

Laure Rodrigues suit ses clientes du diagnostic à la première coupe après la repousse.
Prendre le temps et écouter

Les deux coiffeuses soulignent la réactivité des entreprises, ce qui leur permet d’avoir les prothèses capillaires extrêmement rapidement une fois que le choix de la malade est arrêté sur un modèle.

« Il faut prendre le temps avec les clientes, être à l’écoute. On peut refaire la coupe de la prothèse quand elles en ont envie. On s’adapte à leurs besoins. »

Corinne Martins (vider)

Pour quelles causes deux salons de coiffure de Montluçon recyclent vos cheveux ?

Les cheveux, l’une des premières préoccupations

À Entraide cancer du sein et les autres, on sait l’importance que revêt la chute des cheveux pour les malades. « Après le choc terrible de l’annonce, c’est l’une des premières choses auxquelles on pense », soulignent Eva Crantelle et Marie-François Bordes, respectivement secrétaire et secrétaire adjointe.

Par expérience, les deux femmes savent que la prothèse capillaire aide les malades par rapport au regard extérieur. Dans l’intimité du foyer, beaucoup de malades optent pour un bonnet ou un foulard, autres accessoires indispensables.

En rémission d’un cancer du sein, Eva Crantelle, une habitante de Domérat (Allier), témoigne sur la maladie

L’association Entraide cancer du sein et les autres informe les malades sur l’existence des prothèses capillaires et peut les orienter vers les salons de coiffure montluçonnais agréés. À présent, son travail est facilité au centre hospitalier par les créations, par les équipes médicales, de fiches pratiques sur le sujet. « L’infirmière coordinatrice, qui reçoit tous les malades, leur remet un dossier complet. On y parle des perruques, des foulards… C’est très bien car c’est délicat de demander à son coiffeur, au milieu du salon, s’il est agréé », notent Marie-Françoise Bordes et Eva Crantelle, d’Entraide cancer du sein et les autres.

Florence Farine

Facebook
Twitter
LinkedIn
Pinterest

Leave a Reply

Your email address will not be published.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

ADVERTISEMENT