Comment l’artiste française Cyrielle Gulacsy reste-t-elle concentrée lorsque la peinture devient technique ? Elle écoute les physiciens

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Cyrielle Gulacsy est l’autodidacte par excellence. Peu de temps après avoir obtenu son diplôme de design graphique à Paris en 2016, elle décide de se consacrer plutôt aux beaux-arts. Mais la peinture n’est pas la seule chose qu’elle a apprise elle-même. Le travail de Gulacsy est éclairé par l’étude de la physique, de la lumière, de l’espace et de la perception. Ses sujets de prédilection sont l’ergosphère (la surface qui entoure un trou noir) et la composition chimique d’une étoile.

Cet automne, l’artiste parisien expérimente de nouvelles techniques lors d’une résidence à la Fondation CAB de Saint-Paul-de-Vence dans le sud de la France. Avant sa première exposition personnelle aux États-Unis à la Mignoni Gallery de New York, qui s’ouvre le 18 janvier, nous avons discuté avec Gulacsy de l’endroit où elle trouve l’inspiration et pourquoi une sieste peut guérir un blocage créatif.

Installation de Cyrielle Gulacsy lors de sa résidence à la Fondation CAB Saint-Paul-de-Vence. Photo gracieuseté de la Fondation CAB et de l’artiste.

Quels sont les articles les plus indispensables dans votre studio et pourquoi ?

Léger! Comme je peins des milliers de nuances de couleurs, j’ai besoin que la lumière soit parfaitement neutre. J’ai besoin de lumière naturelle autant que possible, mais ce n’est pas toujours suffisant, donc le bon éclairage artificiel est très important. Ainsi que mon canapé.

Y a-t-il une photo que vous pouvez envoyer de votre travail en cours ?

Comme vous pouvez le voir, tout est en cours dans mon studio en ce moment.

Cyrielle Gulacsy lors de sa résidence à la Fondation CAB Saint-Paul-de-Vence.  Photo : avec l'aimable autorisation de la Fondation CAB et de l'artiste.

L’atelier de Cyrielle Gulacsy lors de sa résidence à la Fondation CAB Saint-Paul-de-Vence. Photo gracieuseté de la Fondation CAB et de l’artiste.

Quelle est la tâche du studio à votre agenda demain que vous attendez le plus avec impatience ?

Je suis actuellement en résidence à la Fondation CAB à Saint-Paul-de-Vence (sud de la France), j’ai donc commencé de nombreuses nouvelles peintures. Demain, je pense que je vais étirer une toile et commencer la base d’une nouvelle peinture “Lumière Visible”. Mais rien n’est prévu, donc tout peut arriver.

Quelle ambiance préférez-vous lorsque vous travaillez ? Écoutez-vous de la musique ou des podcasts, ou préférez-vous le silence ? Pourquoi?

Cela varie. Quand je commence une nouvelle peinture, je me sens très énergique ; J’écoute de la musique, principalement du jazz. Mais cela peut aussi me distraire. La peinture est très méditative, mais elle peut aussi être mécanique, auquel cas j’ai besoin de quelque chose qui garde mon esprit concentré. Ensuite, j’écoute des conférences ou des podcasts. J’aime beaucoup écouter des physiciens comme Carlo Rovelli ou Roland Lehoucq, et les émissions scientifiques de France Culture.

L'atelier de Cyrielle Gulacsy.  Photo : Cyrielle Gulacsy.

L’atelier de Cyrielle Gulacsy. Photo : Cyrielle Gulacsy.

Quel trait admirez-vous le plus dans une œuvre d’art ? Quel trait méprisez-vous le plus ?

J’admire une œuvre d’art quand elle reste dans ma tête pendant des jours après l’avoir vue, quand elle me donne envie de retourner au travail. Cela peut venir de beaucoup de choses, mais je ne pense pas que ce soit d’une caractéristique spécifique. J’imagine qu’elle naît d’une harmonie générale, de la composition chromatique ou structurelle de l’œuvre. C’est toujours un peu mystérieux. Je suis touché quand je sens que l’artiste a essayé de nous transmettre une émotion ou de changer notre perception de la réalité.

En revanche, rien ne me fait vraiment mépriser un tableau ou une œuvre d’art. Dans le pire des cas, je ne ressens rien du tout.

De quel en-cas votre studio ne pourrait-il pas fonctionner sans quoi ?

J’ai la chance d’avoir un super restaurant libanais près de mon studio, alors je prends toujours quelque chose en chemin. Je suis un grand fan de houmous et de baba ganoush.

Cyrielle Gulacsy lors de sa résidence à la Fondation CAB Saint-Paul-de-Vence.  Photo : avec l'aimable autorisation de la Fondation CAB et de l'artiste.

Un instantané de la résidence de Cyrielle Gulacsy à la Fondation CAB Saint-Paul-de-Vence. Photo gracieuseté de la Fondation CAB et de l’artiste.

Quels sont vos artistes, conservateurs ou autres penseurs préférés à suivre sur les réseaux sociaux en ce moment ?

J’aime beaucoup les témoignages de commissaires comme Rui Andersen Rodrigues Diogo (@rui_ard) et Gerry Bonetti (@gerrybonetti) car j’y découvre souvent des artistes vraiment intéressants. Je suis aussi de nombreux artistes, mais c’est toujours frustrant de voir le travail de quelqu’un sur un écran. Actuellement, je suis vraiment dans la sculpture car je commence moi-même la sculpture. J’aime beaucoup le travail de Douglas Rieger (@riegerdouglas) et Ian Collings (@ian_collings).

Lorsque vous vous sentez coincé en studio, que faites-vous pour vous en sortir ?

Quand je suis bloqué sur une oeuvre, j’en commence une nouvelle, ou je passe à une autre déjà en cours, ou je fais une sieste avec une cuillère à la main.

Série Lumière visible/D007 (2021).  Photo : Cyrielle Gulacsy.

Cyrielle Gulacsy, Série Lumière Visible/D007 (2021). Photo: Cyrielle Gulacsy.

Quelle est la dernière exposition que vous avez vue (virtuelle ou non) qui vous a marqué ?

J’ai beaucoup travaillé ces derniers mois, donc je n’ai pas vu beaucoup d’expositions. L’un de ceux qui m’a marqué récemment, c’est “Femmes et abstraction” au Centre Pompidou à Paris. J’ai découvert beaucoup d’artistes comme Gunta Stölzl et Lenore Tawney. C’est aussi toujours excitant pour moi de voir le travail de Ruth Asawa, Agnes Martin et Barbara Hepworth, qui font partie de mes artistes préférés.

Cyrielle Gulacsy lors de sa résidence à la Fondation CAB Saint-Paul-de-Vence.  Photo : avec l'aimable autorisation de la fondation CAB et de l'artiste.

Cyrielle Gulacsy lors de sa résidence à la Fondation CAB Saint-Paul-de-Vence. Photo gracieuseté de la Fondation CAB et de l’artiste.

Si vous deviez créer un moodboard, qu’est-ce qu’il y aurait dessus en ce moment ?

Alors que je viens de commencer un nouveau corpus de travail sur le thème de l’espace-temps, il s’agirait probablement d’images issues de systèmes de visualisation développés par des scientifiques comme Calabi-Yau, mais aussi d’images du fond diffus cosmologique, des diagrammes électromagnétiques de Maxwell et des diagrammes de collisions du LHC.

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