"C'était difficile au début, il y a un manque après dix ans passés sur ce réseau"

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Il y a un an, Facebook avait révélé avoir vendu les données personnelles de millions d'utilisateurs à une société privée, Cambridge Analytica. – LOIC VENANCE / AFP

  • Cambridge Analytica est accusé de collecte et d'exploitation des données personnelles de 90 millions d'utilisateurs de Facebook sans leur consentement.
  • La société britannique a ensuite travaillé pour la campagne de candidats à l'élection présidentielle républicaine de 2016, Donald Trump.
  • Ce scandale, parmi d’autres, avait provoqué la désaffection du réseau par les utilisateurs d’Internet, en particulier les plus jeunes, qui favorisent désormais Instagram et Snapchat.

Il y a un an, une photo inondait le réseau Twitter. Sur cette capture d'écran, vous pouvez lire le même message partagé des centaines de fois: "Voulez-vous vraiment désactiver votre compte Facebook?". Éclaboussé par
le scandale "Cambridge Analytica" – le nom de la société qui a collecté et exploité les données personnelles de millions d'utilisateurs – le réseau social était confronté à un appel au boycott.

Le mot clé "#DeleteFacebook" ("#DeleteFacebook" en français) est devenu viral, popularisé.
par des utilisateurs Internet influents relayant la suppression de leur compte Facebook. Si la firme créée par Mark Zuckerberg
se porte toujours très bien, les utilisateurs outrés par ces révélations ont franchi le pas et ont décidé de quitter le réseau social.

Un déclencheur

L’affaire Cambridge Analytica a été un déclencheur pour Julien: "Cela faisait longtemps que je ne voulais pas quitter Facebook (…) apprendre que nos données ont été vendues était une goutte d'eau. J'ai tout coupé du jour au lendemain, mes vrais amis savent où me trouver. J'utilise toujours LinkedIn, Whatsapp et Snapchat parce qu'il y a un but. Je ne reviendrai jamais
Facebook. Beaucoup de jeunes autour de moi ont également quitté le site.

Comme lui, Mickaël a pris sa décision après les révélations du 17 mars 2018: "Cela fait presque un an que j'ai supprimé mon compte. Je l'ai fait pour plusieurs raisons. J'avais envie de tourner en rond et de me connecter à la site par habitude plutôt que par envie. Et puis ce scandale m'a poussé à franchir le cap ", témoigne-t-il. 20 minutes.

Si Cambridge Analytica n’a pas été le seul élément déclencheur dans la décision de supprimer ou de désactiver leur compte, plusieurs internautes nous ont confié le sentiment d’une "accumulation" et de pratiques "généralisées" vis-à-vis de Facebook. "J'étais fatigué de toutes ces publicités ciblées, des scandales répétés à propos de nos données, de la facilité avec laquelle les GAFA se passaient sans payer d'impôts en fonction de leurs revenus, du contrôle de la population,
l'ingérence de certains pays lorsqu'il y a des élections. Malgré tout, je suis parti », explique Charles.

Une modification des usages

De nombreux internautes ont exprimé des difficultés à prendre la décision de supprimer définitivement leur compte. Partageant l'indignation et la colère suscitées par le scandale Cambridge Analytica, certains ont préféré modifier leur usage en profondeur.

"Je n'ai pas quitté Facebook après le scandale. Mais j'ai changé de façon d'utiliser le site juste après ces événements. Au début, j'ai supprimé l'application de mon téléphone, je ne poste plus de message sur mon mur, et je préfère la communication par SMS sauf cas majeur (…) mais laissez définitivement Facebook, ce sera difficile! »Confie Julien à 20 minutes.

Damien faisait partie des premiers Français inscrits sur le réseau depuis 2006. Cet ordinateur passionné a largement utilisé Facebook pour communiquer avec ses amis proches. Avant de désactiver son compte l'année dernière.

"Un de mes amis, très préoccupé par les données personnelles, nous a tous convaincus de migrer vers l'application de messagerie cryptée Telegram (…). Je gardais toujours Facebook pour rester en contact avec mes autres relations mais, au fil du temps, pour regarder des photos de des amis qui ne parlent plus, c’est plus du voyeurisme ". Comme Charles ou Mickaël, Damien invoque "l'abondance des pubs",
des informations trompeuses et "l'émergence de groupes radicaux" pour justifier sa décision.

Jean, il affirme avoir "arrêté d'utiliser Facebook" après les révélations sur la vente de données à caractère personnel de millions d'internautes. Sans supprimer définitivement son compte: "Cela semble compliqué et je continue à vérifier mon compte environ une fois par mois. En revanche, je ne publie jamais rien.

Débuts difficiles

Bien que leurs choix respectifs n'aient pas été simples à mettre en place et soient souvent le résultat d'une réflexion antérieure à l'affaire Cambridge Analytica, aucun ne semble les regretter aujourd'hui. "C’était difficile au début, il manque après dix ans passés sur ce réseau (…) Mes amis et ma famille ont l'habitude de m'envoyer des invitations par SMS ou de consulter la page Facebook de mon épouse, explique Mickaël. L’expérience m’a appris à réfléchir davantage à la manière dont j’utilise les réseaux et aux informations que j’accepte ou pas. En bref, un an plus tard, je n’obtiens que des résultats positifs, même s’il faut du temps pour s’adapter.

Guillaume, qui a récemment quitté le réseau, reconnaît "des débuts assez compliqués": "J'ai eu le réflexe de prendre mon téléphone pour regarder Facebook. Mais avec le temps, cette dépendance s'est progressivement estompée. Je porte de plus en plus d'attention à mon entourage proche les gens avec qui je suis. Du point de vue de l’emploi, je suis plus productif et je ne vais pas moins bien. "

Damien, expert en informatique, s'attend à plus de difficultés: "Je pensais que je pourrais désactiver le compte pour essayer. Je ne ressens pas une sensation de manque et je fais autre chose de mon temps (…) En fait, Facebook n'est pas important dans le fin.

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