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Ce que les politiques tentent habilement de masquer : la transition énergétique a un coût que le consommateur devra supporter

by Nouvelles

La crise corona a un nouvel effet pervers, notamment la hausse des prix de l’énergie. L’augmentation est particulièrement importante pour le gaz. La raison de ces hausses de prix n’est pas loin à chercher, l’offre et la demande, point sur la ligne. Cette évolution est bien sûr économiquement positive pour les producteurs d’énergie, mais aussi pour notre gouvernement. La facture énergétique se compose en grande partie de toutes sortes de prélèvements fédéraux et régionaux. En ce qui concerne l’électricité, 45 % du prix est dépensé en TVA et taxes sur l’énergie. Pour le gaz, c’est 21 pour cent. Taxer la consommation d’électricité et de gaz en pourcentage a donc pour effet pervers que le gouvernement profite de cette évolution d’un point de vue budgétaire.

Le consommateur, bien sûr, qui a moins de raisons de rire, doit subir cette évolution avec regret et, bien sûr, regarde la politique. Mais le consommateur ne doit pas non plus compter sur une trop grande compréhension à ce sujet. En tout état de cause, les débats politiques de ces derniers jours ont montré qu’il ne fallait pas s’attendre à des ajustements fiscaux dans le domaine de la taxation de l’énergie. Lorsqu’on lui a demandé si quelque chose pouvait être fait au sujet de la taxation élevée de l’énergie, la ministre de l’Énergie Tinne Van der Straeten dans le studio de Ter Zake a dit de manière peu rassurante que les taxes « n’augmenteront pas ». Elle voulait probablement dire que les prélèvements n’augmenteraient pas en pourcentage, mais en euros, les citoyens le ressentiront avec la hausse des prix de l’énergie. D’autres politiciens ont déclaré que la meilleure façon de faire quelque chose au sujet de la facture énergétique est d’utiliser moins d’énergie par les ménages. Oui, tout comme moins de députés et de gouvernements est le meilleur moyen de réduire les dépenses gouvernementales.

Le constat qui devient désormais très clair, et que de nombreux politiques tentent habilement de masquer, est le constat que la transition énergétique a un coût qui devra être supporté par le consommateur. Et le gouvernement porte une lourde responsabilité à cet égard. Si le gouvernement n’est pas prêt à ajuster la pression fiscale sur l’énergie, alors il est en partie responsable du groupe croissant de familles qui ne peuvent plus payer la facture énergétique. La réponse des politiciens à cette vérité dérangeante est le tarif social pour les familles à faible revenu. C’est en soi un outil précieux, mais avec un biais pervers. C’est précisément à cause des impôts élevés que ces familles rencontrent des problèmes énergétiques.

Image ANP

Si le gouvernement attend désormais des citoyens qu’ils assurent eux-mêmes une consommation d’énergie moindre, alors le gouvernement doit garantir un pouvoir d’achat suffisant pour que des investissements économes en énergie deviennent possibles. On ne peut guère s’attendre à ce que les citoyens supportent d’une part des factures énergétiques croissantes et d’autre part qu’ils fassent des efforts financiers pour réaliser des investissements économes en énergie dans leur logement.

C’est pourquoi j’ose lancer un appel chaleureux à l’ajustement de la taxation de l’énergie. La voie la plus évidente consiste à abaisser le taux de TVA sur l’énergie de 21 à 6 %. Il y a beaucoup à dire à ce sujet, maintenant que l’énergie peut encore être considérée comme un produit de base. Le seul problème est qu’une baisse de TVA aura un effet sur l’indice, et pourrait de facto conduire à un bond de l’indice, comme ce fut le cas sous le gouvernement Di Rupo. Mais cela peut bien sûr être pris en compte. En ce qui concerne les taxes fédérales et régionales sur l’énergie, je demande l’introduction d’un système de cliquet. Au sein d’un tel système, la hausse des prix de l’énergie ne pourrait conduire qu’à des augmentations de taxes nominales dans une mesure limitée, qui seraient alors en quelque sorte plafonnées.

Si le gouvernement persiste dans l’obstination fiscale autour des factures d’énergie, les citoyens devront se payer en bleu pour pouvoir sourire en vert.

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