Brésil: la demande de Lula est invalidée

Brésil: la demande de Lula est invalidée

Le Tribunal électoral suprême a rejeté vendredi 31 août la candidature de l’ancien chef de l’État, qui avait l’intention de rechercher en octobre un nouveau mandat malgré une peine de 12 ans de prison.

Luiz Inacio Lula da Silva ne pourra pas se présenter à un nouveau mandat présidentiel. Il en est ainsi décidé vendredi 31 août, le Tribunal électoral suprême (TSE), qui a tenu une session spéciale pour examiner son cas. L'ancien chef de l'Etat brésilien, bien qu'incarcéré pour corruption et blanchiment d'argent, avait déposé deux semaines auparavant sa candidature à l'élection présidentielle du 7 octobre. Mais plusieurs recours avaient été déposés devant la justice électorale pour invalider cette démarche.

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Le Tribunal électoral suprême à la manœuvre

Après avoir reçu les éléments de la défense jeudi – y compris la déclaration de soutien du Comité des droits de l'homme des Nations unies, qui s'est tenue le 17 août pour Lula – le TSE a convoqué une session extraordinaire le lendemain, vendredi 31 août dans l'après-midi.

Il y avait un sentiment général que les chances de Lula de se présenter étaient minces. Selon le calendrier électoral, le TSE avait jusqu'au 17 septembre pour prendre sa décision. Mais il a décidé vendredi sans attendre: après huit heures de débat, les juges ont décidé d’invalider cette candidature par 6 voix contre 1.

A cette occasion, le TSE a recommandé que la formation de l'ancien président, le Parti des travailleurs (PT), désigne un autre candidat dans les 10 jours. Ce pourrait être Fernando Haddad, ancien maire de Sao Paulo et pour le moment candidat à la vice-présidence de Lula. Mais le PT refuse de se rendre et entend interjeter appel.

Le cas Lula

Depuis l'adoption en 2010 du texte "Ficha Limpa" ("casier judiciaire vierge"), la loi brésilienne stipule que tout condamné, dont la condamnation a été confirmée en appel, ne peut se présenter à la présidence. C'est au nom de cette loi que des recours ont été formés pour invalider la candidature de l'ancien chef de l'Etat, au pouvoir de 2003 à 2011.

Plus tôt cette année, Lula, 72 ans, figure historique de la gauche brésilienne, cofondatrice du Parti des travailleurs (PT), a été condamnée à 12 ans de prison et un mois à la cour pour l’avoir accusée d’avoir bénéficié triplex au bord de la mer dans l'état de Sao Paulo, mis à disposition par une entreprise de construction.

Depuis avril, l'ex-métallo est en prison. Mais ses partisans n'abandonnent pas: à leurs yeux, les preuves sont très minces, les preuves inexistantes. Ce ne serait donc qu'une condamnation politique pour l'empêcher de revenir au pouvoir.

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Enquêtes, malgré la prison

L'affaire Lula divise le Brésil: l'ancien président est un héros pour la moitié du pays, qui n'a pas oublié les progrès accomplis au cours de ses deux mandats, un criminel pour la moitié restante.

Le paradoxe est que sa conviction, puis son incarcération, n’a pas diminué sa popularité. Au contraire, les sondages ont enregistré ces dernières semaines un nouveau candidat révolutionnaire, Lula. L’ancien président mène actuellement des sondages d’opinion avec près de 40% des intentions de vote, doublant le deuxième candidat le mieux placé, l’ancien soldat de droite Jair Bolsonaro.

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Depuis avril dernier, seuls les visiteurs ont été filtrés, à l'exception de leurs gardes: famille, avocats, religieux, personnalités étrangères et membres de son parti, en tant qu'avocats.

Gilles Biassette

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