Avantages et obstacles de l’ABHA de la National Health Authority

La semaine dernière, l’Autorité nationale de la santé (NHA) a annoncé l’intégration de la mission numérique Ayushman Bharat (ABDM) avec l’application Aarogya Setu. Cette étape a été revendiquée comme un jalon dans le parcours de numérisation du secteur de la santé en Inde. Cela aidera les Indiens à générer une identité de santé unique, ABHA (Ayushman Bharat Health Account), à partir de leur compte Aarogya Setu. La fusion permettra aux citoyens d’accéder à leurs dossiers de santé personnels et aux services utiles du système national de santé numérique, a-t-on affirmé. Bien que cette intégration offre diverses opportunités et avantages tant pour les prestataires de services que pour les bénéficiaires, il est nécessaire d’examiner ses défis.

Qu’est-ce que l’ABHA et où en est-elle actuellement ?

ABHA est l’identifiant de santé numérique unique d’une personne. Une fois qu’un identifiant ABHA à 14 chiffres est généré, une personne peut ajouter, gérer et accéder à ses dossiers de santé. On peut lier et partager ces dossiers, tels que les ordonnances, les rapports de laboratoire et les dossiers hospitaliers, avec des professionnels de la santé enregistrés et des fournisseurs de services de santé. Les identifiants ABHA peuvent être générés à l’aide d’Aadhaar ou des détails du permis de conduire. Au 12 janvier 2022, 16,4 crores d’ID ABHA avaient été générés dans le cadre de l’ABDM. Avec plus de 21 millions d’utilisateurs enregistrés sur l’application Aarogya Setu, l’intégration vise à augmenter de manière exponentielle le nombre d’identifiants ABHA.

Que propose l’ABHA ?

L’objectif de cette initiative est clair. Il s’agit d’orienter le secteur de la santé vers la numérisation. Le plan vise à rendre les services de santé plus accessibles et équitables. L’intégration avec l’application Aarogya Setu est destinée à apporter des changements positifs dans les résultats de santé. En dehors de cela, le communiqué officiel de la NHA indique que l’ABHA vise également à accroître la participation des citoyens.

Le premier et principal avantage de cela est que les individus pourront conserver et sécuriser leurs dossiers de santé numériquement. De plus, la plate-forme donnera un accès immédiat aux données de santé aux médecins, aux services et aux prestataires de soins de santé aux personnes de n’importe où dans le pays. Souvent, les habitants des régions rurales n’ont pas accès aux services de santé en raison de difficultés physiques et économiques. L’ABHA peut potentiellement aider à combler cet écart. Le changement favorisera la commodité pour tous, ce qui entraînera probablement de meilleurs résultats pour la santé. Vient ensuite le bénéfice du consentement.

Le partage de dossiers de santé numériques n’est autorisé qu’avec le consentement de l’individu, qui peut être permanent, temporaire ou limité dans le temps. Ces données peuvent être anonymisées et utilisées à des fins de recherche et d’analyse épidémiologique. Lorsqu’un nombre suffisant de personnes numérisent leurs dossiers de santé, les données générées peuvent servir de rétroaction en temps réel pour nos divers programmes et interventions de soins de santé. L’ABHA n’est pas seulement destinée aux patients, mais constitue une excellente opportunité pour les médecins, les organisations de technologie de la santé et les décideurs.

Les pièges potentiels de l’ABHA

Il existe plusieurs préoccupations concernant les identifiants de santé, en particulier avec les données stockées dans un emplacement central. Actuellement, presque tous les rapports, tests et ordonnances des patients sont sur papier dans notre pays. Les pays développés se dirigent vers la numérisation des dossiers de santé avec beaucoup d’effets indésirables. Des rapports suggèrent que les médecins aux États-Unis passent plus de la moitié de leur temps sur des écrans d’ordinateur pour mettre à jour leurs dossiers médicaux. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre ce temps dans un pays aux ressources rares comme le nôtre. À moins que nous ne trouvions une solution à cela, avoir des dossiers de santé numériques sera une chimère lointaine.

Les dossiers médicaux sont assez personnels et sont susceptibles d’être utilisés à mauvais escient. Les données du dépôt central peuvent être volées et vendues à n’importe qui, du spammeur à l’imposteur. Le fait de conserver les données dans un emplacement central au lieu de les stocker chez l’individu facilite leur vol. Bien que l’ABHA soit actuellement volontaire, il y a de fortes chances qu’elle devienne obligatoire pour accéder à certains services, similaire à la trajectoire d’Aadhaar. Cela conduira à l’exclusion d’une partie considérable de la population.

L’Inde a une faible pénétration du mobile, avec une utilisation encore plus faible des smartphones. Les avantages de la numérisation ne se feront pas sentir parmi les ruraux et les pauvres. En 2005, le National Health Service (NHS) du Royaume-Uni avait lancé un programme similaire qui n’a pas réussi et a finalement été arrêté. La possibilité que quelque chose de similaire se produise avec ABHA est encore plus élevée.

Conclusion

Inutile de dire que l’espace numérique de la santé en Inde a beaucoup de place pour la croissance et l’amélioration. ABHA est un coup de pouce dans la bonne direction. Bien que la numérisation complète de la santé en Inde prendra probablement des décennies, il sera intéressant de voir comment l’ABHA peut accélérer la révolution.

(Mahek Nankani est gestionnaire de programme adjoint à l’institution Takshashila. Harshit Kukreja, MBBS, est analyste de recherche à l’institution Takshashila)

Avis de non-responsabilité : les opinions exprimées ci-dessus sont celles de l’auteur. Ils ne reflètent pas nécessairement les vues de DH.

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