Aux Antilles, naissances prématurées amplifiées par le phénomène des brumes de sable

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Selon une étude, la surincidence des naissances prématurées aux Antilles pourrait avoir pour origine des épisodes de pollution par des particules fines provenant de la poussière du Sahara.

Par Stéphane Mandard Posté aujourd'hui à 16h07

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Image de la NASA du 11 août 2011, montrant un panache de poussière du Sahara traversant l'océan Atlantique jusqu'au Cap Vert.
Image de la NASA du 11 août 2011, montrant un panache de poussière du Sahara traversant l'océan Atlantique jusqu'au Cap Vert. JEFF SCHMALTZ / AFP

C'est une énigme qui met la communauté scientifique en suspens depuis plusieurs années: comment expliquer que les naissances prématurées soient deux à trois fois plus nombreuses dans les Antilles qu'en France?

Un article publié en 2010 dans le très célèbre New England Journal of Medicine évoque la pente glissante des origines ethniques (africaines) de la population. En 2014, des chercheurs de l'Institut de recherche sur la santé, l'environnement et le travail (Irset) ont souligné un lien avec l'exposition au chlordécone, ce pesticide ultratoxique utilisé massivement dans les bananeraies et dont la quasi-totalité est aujourd'hui imprégnée en Martinique et en Guadeloupe. Cinq ans plus tard, une nouvelle hypothèse, inattendue, émerge: les brumes de sable.

D'avril à octobre, les alizés retournent vers les Antilles avec des nuages ​​de poussière chargés de fines particules du Sahara. Ces épisodes sont à l'origine d'alertes fréquentes et sévères à la pollution atmosphérique. La Guadeloupe et la Martinique sont en alerte rouge depuis plusieurs jours fin septembre 2018.

En collaboration avec le département de gynécologie et d'obstétrique de l'hôpital universitaire de Guadeloupe et l'organisme de contrôle de la qualité de l'air de Pointe-à-Pitre (Gwad & # 39; Air), une équipe d'Irset a étudié l'impact de l'exposition maternelle à des brouillards de sable sur le risque de prématurité.

Un risque multiplié par trois

Les résultats ont été publiés le mardi 19 mars dans la revue Médecine du travail et de l'environnement. Ils montrent que le risque de naissance prématurée est multiplié par trois pour une augmentation de 10 microgrammes par mètre cube de l'exposition moyenne aux particules fines dites PM10, de moins de 10 micromètres de diamètre.

L’exposition environnementale aux brouillards de sable semble être "Superposé" Les auteurs ont conclu que des facteurs de risque bien connus pour la prématurité, tels que l'âge de la mère, l'hypertension, le diabète et l'obésité. Le biais de l'imprégnation au chlordécone a été écarté, précise d'emblée Luc Multigner, qui avait piloté l'étude de 2014 sur le pesticide et qui avait également participé à celle sur les brumes de sable.

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De la cohorte mère-enfant Timoun en Guadeloupe, des chercheurs ont réussi à reconstituer l'exposition des femmes aux PM10 provenant de brumes de sable pendant la grossesse entre 2005 et 2008. Sur 909 grossesses, 142 ont abouti à une naissance prématurée (avante semaine) ou 15,6%. Une incidence nettement supérieure à la moyenne française (6%) sur la même période.

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