Au bord de la faillite, l'hôpital universitaire de Nancy se bat pour sa survie

INTERVIEW – Le déficit accumulé de l'hôpital flirte avec 290 millions d'euros et sa dette atteint 400 millions d'euros. Son avenir sera abordé jeudi à Matignon. La députée Carole Grandjean détaille les problèmes lors de cette réunion.
La situation est urgente Le centre hospitalier universitaire de Nancy, dont le déficit cumulé atteint 290 millions d’euros et dont la dette atteint 400 millions, est au bord de la faillite malgré une récente restructuration. Le sort de cet hôpital public, qui figure parmi les dix plus grandes institutions de ce type en France, sera abordé jeudi lors d'une réunion à Matignon, au lendemain de l'annonce du plan de réforme du système de santé. Carole Grandjean, adjointe de LaREM à Meurthe-et-Moselle, sera reçue jeudi à 15 heures. Elle explique les problèmes de cette réunion. »LIRE AUSSI – Santé: le plan d'Emmanuel Macron pour les 50 prochaines années LE FIGARO. – Qu'attendez-vous de cette réunion? Carole GRANDJEAN. – J'espère obtenir du Premier ministre l'assurance de ne pas faire de Nancy et de Meurthe et Moselle un territoire oublié. Le sort de l'hôpital universitaire de Nancy, l'un des plus grands employeurs de la région, est également politique. C'est un problème de santé dans les territoires, l'accès aux soins. Plus précisément, qu'allez-vous demander au premier ministre? Nous demanderons un effort financier important: de 400 à 500 millions d’euros. Des investissements similaires ont déjà été réalisés pour des hôpitaux de Strasbourg, Reims, Metz, Epinal ou Dijon. Dans le nord-est de la France, nous sommes les derniers à ne pas avoir bénéficié de ce type de soutien. Pourtant, Nancy est l’un des 10 hôpitaux les plus efficaces, très avancés dans le domaine de la télémédecine, en particulier dans la gestion des accidents vasculaires cérébraux. Au début du mois de juillet, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, venue à Nancy, s’est engagée à lancer une mission éclair de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas). Cette mission, d’un mois et demi, devait commencer mi-août. Mais nous attendons toujours. Tout comme une première enveloppe de 140 millions d'euros enregistrée en avril 2017, sous le gouvernement précédent. Ces budgets n'ont toujours pas été publiés. Il y a urgence. L'hôpital est en crise. Les charges sociales n'ont pas pu être réglées au cours des trois derniers trimestres. Le personnel mobilisé s'inquiète, à juste titre, en attendant la mobilisation des pouvoirs publics. Quel est le plan pour l'hôpital universitaire de Nancy? Actuellement, l'hôpital est divisé en sept sites. L'objectif est de les regrouper vers le centre de Brabois, construit sur les hauteurs de la ville dans les années 1970 où sont installées toutes les universités (médecine, école d'infirmières). Cette réorganisation immobilière commencerait par la centralisation de la plate-forme technique chirurgicale, puis progressivement par la maternité de Nancy, etc. La mutualisation des sites permettra finalement d'économiser de l'argent en évitant les duplications. On espère valider d'ici la fin de l'année le plan d'investissement pour le lancement des travaux d'ici à 2019 en vue de la réunification des sites d'ici 2025. À long terme, nous pourrons réduire la dette de l'institution. En contrepartie, nous sommes prêts à nous engager dans un plan d’épargne globale, afin de réduire les coûts d’exploitation globaux (augmentation des effectifs ambulatoires, réduction des effectifs). Mais une fois cette réunification faite. NB: cette réorganisation immobilière se traduirait par la suppression de 400 postes d'ici 2022. Entre 2014 et 2017, l'institution a déjà perdu 400 positions et éliminé 284 lits dans le cadre d'une restructuration qui a réduit le déficit annuel de 36 millions d'euros à 18 millions. La semaine dernière, les syndicats (CGT, FO, CFTC) ont déposé un avis de grève, avec des actions chaque jour. .

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