Après l'affaire Benalla, les hommes de l'ombre de l'Elysée en pleine lumière

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Par Ariane Chemin et François Krug

Autour d'Emmanuel Macron séduit les personnages aux parcours atypiques. Bien que absents du tableau officiel, leurs rôles ont été soulignés par les révélations concernant Alexandre Benalla.

En cette chaude soirée du 18 juillet 2018, les téléphones personnels et professionnels d'Alexandre Benalla vibrent et résonnent sans répit. Le monde vient de révéler que cet assistant du chef de cabinet du président de la République avait agressé deux manifestants, le 1st Mai à Paris. "Mon cas va sortir"répète-t-il depuis le début de l'après-midi à ses collègues de l'Elysée. Étrangement, au moment où le scandale éclate, il affiche une forme de flegme et ne change rien, au moins en apparence, à ses habitudes. Il passe la soirée avec un vieil ami, Vincent Crase, le même qui l’a accompagné cet après-midi de mai dans le Quartier Latin pour "observer" les techniques de maintien de l’ordre.

Crase a rencontré Benalla dans la gendarmerie – ils étaient tous deux réservistes dans l'Eure – et a ensuite travaillé avec lui dans des services de sécurité privés avant de le suivre au service de campagne d'Emmanuel Macron. Cet été 2018, il est employé à la sécurité du siège de La République en marche et effectue parfois des missions à l'Elysée au sein de la Garde républicaine. En fin de soirée, le tandem quitte l'hôtel du Collectionneur, un palais de la rue de Courcelles, dans le 8e Arrondissement de Paris, et gagne le Damascus Café, un bar à chicha dans la rue du Colisée, à trois rues du palais présidentiel. Benalla se rend presque tous les soirs dans ce bar. Il a sa place, laissé près de l'entrée.

C'est dans la tempête, semble-t-il, que nous reconnaissons ses amis. Le jeune homme peut être rassuré. Dans la longue liste de ses interlocuteurs téléphoniques établie par les enquêteurs, on retrouve ce soir-là des célébrités telles que Christian Prouteau, fondateur du GIGN et ancien patron des célèbres "gendarmes de l'Elysée" du temps de François Mitterrand; ou Thierry Légier, le garde du corps de Jean-Marie Le Pen et de sa fille Marine. Mais il y a d'autres échanges qui retiennent l'attention aujourd'hui: des appels – émis ou reçus – avec des collègues de l'Elysée.

Ismael Emelien, le "Mr Crises"

Discret conseiller spécial du président, Ismael Emelien, l'homme qui a théorisé le macronisme et imaginé la stratégie victorieuse de l'élection présidentielle, est l'un des principaux interlocuteurs de Benalla pendant cette nuit sans fin. Au palais, M. Emelien est responsable de la surveillance des médias et de la réponse aux controverses susceptibles de menacer le chef de l'Etat – ce qu'on appelle le "comte de crise". Mais ce 18 juillet, à en juger par la salve d'appels téléphoniques échangés et le vent de panique qui s'installe, la crise règne.

1 COMMENT

  1. l’enquêtre est réservéE aux abonnés mais l’orthographe est elle réservée aux lecteurs et absente des écoles de journalisme ?

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