Après la rébellion de son cabinet, Theresa May devrait démissionner vendredi

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Le sort de Theresa May jeudi a éclipsé les élections européennes au Royaume-Uni, un scrutin auquel les Britanniques n'auraient jamais dû participer, trois ans après le vote pour une majorité de l'Union européenne.

La première ministre conservatrice, qui a échoué à trois reprises en faveur de l'accord de retrait négocié avec les Européens depuis la mi-janvier, a coupé sa dernière carte mardi en proposant des liens commerciaux plus étroits avec l'UE et la possibilité de voter pour un deuxième référendum.

Son offre a cimenté un front de refus allant des éléments les plus pro-Brexit de son parti conservateur à l'opposition travailliste, avec laquelle May a tenté sans succès pendant six semaines de trouver un compromis.

Pour la plupart des commentateurs britanniques, ses journées au 10 Downing Street sont désormais numérotées.

Nouvelles reprises en cascade attendues

Citant les alliés du Premier ministre, le quotidien thé Fois Jeudi, il annoncera la date de sa démission à l'issue de sa réunion prévue vendredi avec Graham Brady, président du comité de 1922, qui réunit tous les députés conservateurs, à l'exception de ceux qui siègent au gouvernement.

Selon son ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, qui la rencontrera jeudi, le Premier ministre sera toujours au pouvoir pour accueillir Donald Trump. Le président américain est attendu pour une visite officielle au Royaume-Uni le 3 juin.

"Theresa May sera le premier ministre à lui souhaiter la bienvenue, à juste titre" il a dit à la presse. Le secrétaire au Foreign Office a refusé de préciser ce qu'il comptait dire au chef du gouvernement lors de leur entretien.

Theresa May, pour le moment, a résisté à la fronde dirigée par de nombreux membres de son cabinet. Mais elle a enregistré mercredi soir la démission de son ministre chargé des Relations avec le Parlement, Andrea Leadsom.

"Je ne crois pas que notre approche honorera les résultats du référendum", a écrit ce dernier dans sa lettre de démission.

"J'ai toujours soutenu qu'un deuxième référendum serait dangereusement conflictuel, et je ne peux pas soutenir ce gouvernement qui facilite volontiers une telle concession. "

D'autres ministres pourraient suivre dans les prochaines heures, rapporte la BBC jeudi matin.

Larmes de Theresa May ("Tear-Esa") devant les tabloïds

Selon le Sun, qui décrit un Premier ministre littéralement assiégé dans Downing Street, sept ministres ont prévenu May qu’ils ne la soutiendraient plus. Le quotidien tabloïd publie jeudi une photo rapprochée du visage rougi du leader conservateur. Intitulée "Tearesa" (jeu de mots mêlant déchirure – déchirure – et son prénom), celle-ci fait référence à celle de novembre 1990, consacrée à l’origine sous la contrainte de Margaret Thatcher.

TheSun, Tear-Esa, Theresa May, tabloïd

En juillet 2016, après la démission de David Cameron, l'ancien ministre de l'Intérieur, dont le mandat correspond à la période la plus tumultueuse de l'histoire récente du pays, a pris ses fonctions en juillet 2016. Les parlementaires approuvent l'accord de retrait négocié avec les Européens.

Il est maintenant soumis à une pression intense pour fixer la date de son départ, ce qui donnera le coup d'envoi à une "primaire".

Les statuts du Parti conservateur prévoient l'élection de son chef d'une première série de votes au sein du parti élu au Parlement. A chaque tour, le candidat ayant le moins de voix est éliminé. Le processus est répété jusqu'à ce qu'il ne reste plus que deux candidats. Il appartient ensuite aux membres du parti de décider. En mars 2018, la formation conservatrice comptait 124 000 personnes.

Le "Brexiter" Boris Johnson, son ancien ministre des Affaires étrangères déjà candidat, est actuellement le favori.

Farage et son "Parti du Brexit" loin devant les autres partis, discrédités

Dans l'immédiat, cependant, Theresa May doit gérer les élections européennes qui sont annoncées comme une catastrophe pour son parti conservateur, déjà maltraité lors des élections municipales tenues ce mois-ci.

Exploitant la colère, l'impatience et le sentiment de trahison de l'électorat "brexiter", Nigel Farage, une des principales figures du référendum de 2016, est largement en tête avec son parti pour le Brexit, lancé le mois dernier mais crédité de 37% des intentions de vote dans YouGov sondage publié mercredi.

Lors des dernières élections européennes, en 2014, Farage et le Parti de l’indépendance du Royaume-Uni (Ukip), qu’il dirigeait à l’époque, avaient déjà pris les devants, mais avec 27% des voix.

Le Parti conservateur n'émerge qu'à la cinquième place avec 7% des intentions de vote (contre 23% en 2014).

Le parti travailliste, qui paie aussi ses divisions sur le Brexit, ne devrait pas faire beaucoup mieux. Avec 13% des intentions de vote (contre un score de 25% en 2014), il est laissé pour compte par les libéraux démocrates (19%) et suivi par les écologistes du Parti Vert (12%), deux partis favorables au maintien dans le parti. . UE.

Aucune projection ne sera diffusée jeudi soir et les résultats ne seront connus que dimanche soir, lorsque les bureaux de vote seront fermés en Italie, dernier pays européen à voter.

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