agents récompensés par des chèques-cadeaux s'ils verbalisent

Le centre Asnières SNCF des Hauts-de-Seine a lancé début octobre un "concours" récompensant des bons allant de 100 à 250 euros, les trois agents qui tirent le plus grand nombre de billets.
Verbalisez plus pour gagner plus. C’est le mode de gestion utilisé par le centre SNCF d’Asnières (Hauts-de-Seine) pour motiver ses équipes qui interviennent dans les gares du département. Au cœur de la controverse, une affiche – révélée vendredi par le HuffPost – que Le Figaro a pu obtenir.

Le Figaro.fr "Concours top lafeur", pouvez-vous lire en haut de l'affiche. "Lafeur" est un dérivé de "LAF", qui signifie "anti-fraude". Concrètement: pour la période du 1er octobre au 31 décembre, les trois agents du centre qui verbaliseront le plus seront récompensés par des chèques cadeaux: 250 euros pour le premier, 150 euros pour le second et 100 euros pour le troisième. Ce concours ne concerne pas les contrôleurs "traditionnels", mais les agents de réception assermentés: ils sont autorisés à établir des procès-verbaux dans les stations depuis 2016. En outre, pour avoir une chance de figurer sur le podium, les agents doivent réaliser "CC", c'est-à-dire des amendes de 68 euros qui doivent être immédiatement payées par la carte de crédit de l'utilisateur, juste après une infraction. "De plus en plus de voyageurs se voient imposer une amende de 68 euros simplement pour avoir fumé sur le quai", dénonce Le Figaro Anasse Kazib, secrétaire adjoint du syndicat Sud Rail. Éric Bezou, militant de Sud Rail, interrogé par nos collègues de HuffPost, s'interroge: "Si quelqu'un ne reçoit pas de bons chiffres, que va-t-il se passer? Les agents le vivent très mal. Une femme de chemin de fer qui a travaillé à Asnières jusqu'en septembre 2017, affirme que "c'est devenu une priorité dans notre travail" et que "nous devons apporter de l'argent à la SNCF". La SNCF évoque "une initiative locale" mais ne condamne pas. Contactée par Le Figaro, la SNCF explique qu'il s'agit d'un " initiative locale qui ne répond pas aux éventuelles instructions de la direction de l'entreprise ". Sans condamner cette initiative, la SNCF poursuit:" Si la méthode défie, le coût de la fraude qui représente plus de 300 millions par an ne fait pas défier moins. C’est moins d’argent pour acheter des trains, les rénover, les nettoyer, entretenir les voies et offrir le meilleur service possible aux voyageurs en règle. "Selon un document interne que Le Figaro s'est procuré, d'autres centres de la SNCF, y compris celui de Versailles dans les Yvelines, appliqueraient également ces méthodes de gestion.

Le Figaro.fr Une salle de détente réservée "au mérite" Le centre SNCF d'Asnières était décidément dans l'oeil du cyclone ces derniers jours. Jeudi, dans un tweet très relayé sur les réseaux sociaux, Anasse Kazib avait dénoncé l'existence d'une salle appelée "salle détente" dans les locaux. Jusque-là, rien d'anormal. Sauf que cette salle – mise à la disposition des cheminots pendant leurs pauses – était réservée aux employés "méritants". A la découverte de ce prospectus sur les réseaux sociaux, la SNCF a condamné "fermement une initiative purement locale". Le groupe a déclaré qu'il avait appelé à son "retrait immédiat", ce qui est "contraire aux valeurs humaines de la SNCF". .

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