A Paris, les militants d'Extinction Rebellion veulent "renouer avec la désobéissance civile"

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Les jours passent et la motivation reste intacte. La pluie et la fatigue n'ont pas sapé le moral des activistes de Extinction Rebellion qui occupent la place du Châtelet depuis lundi après-midi. Abrités sous une bâche tendue entre deux arbres, certains se donnent une pause repas. Mais le calme est de courte durée. "Pouvons-nous prendre du pain et des légumes? C’est pour aller chez McDo à côté que nous sommes nombreux à vouloir faire un tour", pendant quelques minutes, un appel pour occuper le signe du fast food circule sur le camp. Très rapidement, un groupe d’environ 50 volontaires s'est formé pour discuter de "Consensus d'action" avant d'envahir l'endroit: "Nous proposerons un autre régime, plus respectueux de l'écologie et de la santé. Il est important d'expliquer tout cela aux employés et aux clients, explique l'un des initiateurs de l'opération punch, Nous ne les attaquons pas individuellement, mais plutôt la marque et ce qu’elle représente. "

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Arrivés sur place, les militants désactivent les terminaux de contrôle sous les slogans anticapitalistes. Mais l'opération n'a pas eu le succès escompté, les clients ignorent la cantine installée au premier étage de l'enseigne. Dehors, Elodie et Joe (1), deux activistes, discutent du suivi de l'action: "C'est fatiguant. Nous sommes venus ici parce que nous ne gênions plus les autorités, elles supportent totalement notre présence sur la place du Châtelet. Les" contacts de la police " (activistes chargés de faire le lien avec la police, ed) dites-nous qu'il n'y a pas de risque d'expulsion. Et là, chez McDo, c’est la même chose, le gérant du magasin a même proposé d’éteindre les écrans lui-même … "

"Initiatives improvisées"

Face à cette indifférence et à la collaboration des gérants de restaurant, Ada pointe un nouvel objectif: le magasin de vêtements C & A. "L’idée est de faire beaucoup d’opérations tout autour du camp pour renouer avec la désobéissance civile et montrer que non, nous ne sommes pas les sbires du gouvernement", il insiste.

Rejoints par plusieurs groupes de manifestants du camp, ils bloquent l'accès au magasin pendant plusieurs minutes. Un mégaphone à la main, un activiste explique aux passants et aux clients les raisons qui motivent ce nouveau blocage: "L’industrie textile est l’une des industries les plus polluantes au monde, pour concevoir une industrie du jeans qui utilise 10 000 litres d’eau. Mettons fin à cette catastrophe écologique."

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Celles-ci "Initiatives improvisées, spontanées et mobiles", Inès, "ange gardien" chargé du bon déroulement des actions, les voit de très bon œil: "Nous avions trois projets concernant l'occupation de la place du Châtelet. L'un d'entre eux était, en cas d'accord avec les autorités, d'abandonner un peu de défense du camp pour procéder à diverses opérations de blocage et d'occupation. un individu de le signaler à une assemblée générale et de trouver d’autres personnes déterminées pour l’accompagner. "

En outre, Max (1), un "foo (autonome, note) dès la première heure ", se félicite de cette nouvelle phase de lutte: "L’occupation donnait de plus en plus l’impression d’une fête de village où le discours politique et écologique faisait cruellement défaut. C’est un réel changement de stratégie plus que louable. Des militants improvisent, se regroupent par affinité avant d’agir, c’est un bon signe pour le futur. "

(1) Les prénoms ont été changés.

Nicolas Mayart


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Manon Minaca

(tagsToTranslate) Place du Chatelet (t) McDonald

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