A Montluçon, l’opposition de gauche dit « son profond dégoût » contre le choix du maire de ne pas appeler à faire barrage au RN

Le résultat des législatives dans la deuxième circonscription de l’Allier a donné lieu à une passe d’armes musclée et à la réactivation de clivages profonds, ce lundi 20 juin, entre les élus d’opposition de gauche et le maire de Montluçon, lors du conseil municipal.

En toile de fond, le message Facebook publié avant le second tour par Frédéric Laporte (LR). « Comment imaginer qu’une candidate de la LFI soit notre députée […]. Quelle République va nous offrir M. Mélenchon ? », s’était interrogé ce dernier, jeudi dernier, appelant sans le dire explicitement à faire barrage à la Nupes.

L’opposition de gauche quitte le conseil municipal

Une prise de position vécue par la gauche comme un soutien au RN et à Jorys Bovet, élu depuis député de la 2e circonscription, et comme une rupture du front républicain contre l’extrême droite. « Symboliquement, pour marquer notre profond dégoût de votre petite posture qui vous fait quitter le camp républicain, nous quitterons cette séance », a expliqué Juliette Werth, au nom des quatre élus d’opposition de gauche présents.

Vous occupez le fauteuil de Marx Dormoy, ministre de l’Intérieur du Front Populaire assassiné par l’extrême droite, la Cagoule, pour s’être opposé aux ligues factieuses

Puis d’enchaîner : « En soutenant le candidat d’extrême droite qui vient d’être élu grâce à vous, vous avez commis un affront majeur à l’histoire de notre ville Monsieur le Maire soutien du Rassemblement national ».

Un « calcul politicien cynique et accablant »

Un « calcul politicien » que la conseillère départementale a qualifié de « cynique et accablant ». « Vous avez fait céder les digues de la dignité et vous avez quitté le camp de la démocratie », a-t-elle encore ajouté, estimant que Frédéric Laporte n’était « plus digne de présider les commémorations qui tracent l’histoire de Montlucon », à commencer « par celle de l’assassinat de Marx Dormoy ».

Frédéric Laporte campe sur ses positions

« Vous partez ? Vous n’allez même pas écouter ma réponse ? Cela montre votre sens de la démocratie », a répliqué le maire. « Parce qu’il y a aussi des fachos rouges, ceux qui tuent en Chine, ou M. Chavez… », a-t-il ajouté, alors que dans le fond de la salle quelques personnes lui criaient des « indigne », « honteux ».

Interrogé sur ce départ fracassant, à l’issue du conseil, Frédéric Laporte n’a pas dévié de ses positions. « Je me suis prononcé contre le vote pour la LFI et la candidate de M. Mélenchon (Louise Héritier, NDLR). J’ai donné mon avis. Je crois que j’en ai le droit. Et le fait de le refuser illustre exactement ce que je pense de la LFI. »

Il faut arrêter l’angélisme. La LFI représente un danger majeur pour notre démocratie. J’ai aussi précisé que si le candidat local avait été issu du PS, je n’aurais pas eu le même commentaire et c’est très clair.

Et de poursuivre : « Deux candidats extrémistes étaient en lice. Moi j’ai fait le choix de ne pas soutenir le candidat de la LFI. La gauche l’interprète comme elle veut. Est-ce que vous croyez que les électeurs commentryens ont écouté les mots du maire de Montluçon pour donner la majorité au candidat du RN ? »

Michaël Nicolas

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