à Dol-de-Bretagne, "personne n'a changé d'avis mais tout le monde a parlé"

0
21

Dans cette ville rurale bretonne en plein boom démographique, le débat national cherche à rapprocher les habitants qui cohabitent mais ne savent pas.

Par Benjamin Keltz Publié aujourd'hui à 17h25, Mis à jour à 17h25

Temps de Lecture 3 min.

Article des abonnés

Benoît prend soudain son téléphone et tape "Aidez à financer les lieux de culte". Assis au bout d'une des quatre tables de la salle communale de Dol-de-Bretagne, ville de 5 700 habitants, en Ille-et-Vilaine, le responsable commercial complète sa liste d'idées à soumettre à ses voisins en attendant sa tour de parole.

Organisée le mercredi 6 février, cette réunion du "grand débat" ne réunit qu'une cinquantaine de personnes. La municipalité qui encadre l'échange espérait trois fois plus. Peu importe … Benoît y voit une opportunité sans précédent "d'écouter" cette commune en plein essor (+ 22% depuis 2000). Il fait partie de la récente vague de néo-Dolois. Ces cadres et ces employés ont été séduits par le marché immobilier local plus accessible que ceux de la côte malouine ou de la métropole rennaise et convaincus par la station desservant facilement les villes du département.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Grand débat: à Colomiers, les seniors plaident pour une démocratie participative

"600 euros par mois"

Ce soir, le pro Macron, âgé de 50 ans, découvre vraiment ses voisins. Laurence, 47 ans, par exemple. Gilet jaune à l'arrière, cette assistante maternelle veut raconter la réalité de "Précaire" : "Ceux qui se demandent comment remplir leur frigo. Ceux qui, comme ma mère paysanne à la retraite, survivent avec 600 euros par mois."

Derrière son air de ville paisible et bien équipée (piscine, cinéma, médiathèque, auditoriums …), Dol-de-Bretagne affiche un taux de pauvreté de 15,2%, soit près de cinq points supérieur à la moyenne régionale. Au fil des échanges, Laurence bouillonne dans son fauteuil. Il cherche dans l'agenda qui s'articule autour de trois débats de trente minutes (la citoyenneté, les institutions et l'immigration), la possibilité de distiller ses revendications écrites sur post-it alignées sur celui-ci: retraite minimale à l'apogée du smic, RIC, reconnaissance du vote blanc …

En face, Christophe hoche la tête. Ce conseiller de Pôle emploi ne fait pas partie de "Les gens qui comptent à la fin de chaque mois" mais comprend le ras-le-bol. Depuis une décennie, il l'a vu "Se gonfler" dans son agence. Le vol et l'incendie du Secours Catholique local en décembre par un SDF, les grèves des professeurs du collège public dénonçant leurs conditions de travail, la mise en place d'une vidéoprotection dans la ville … Autant de symptômes d'un mal être social .

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.