Volvo revoit ses ambitions électriques : le moteur à combustion interne ne disparaîtra pas avant 2030
Stockholm, Suède – Volvo a revu à la baisse ses prévisions concernant la transition vers une gamme 100% électrique, annonçant qu’elle conservera le moteur à combustion interne dans son portefeuille au moins jusqu’à la fin de la prochaine décennie. Cette décision marque un revirement stratégique pour le constructeur automobile suédois, propriété du groupe chinois Geely.
Initialement, Volvo avait annoncé viser une production composée à 90-100% de véhicules hybrides rechargeables (PHEV) ou entièrement électriques d’ici 2030.Cependant, les chiffres de vente récents indiquent un ralentissement de l’adoption des véhicules électriques. En septembre dernier, les ventes de voitures électriques ont chuté de 21% par rapport à la même période en 2023, tandis que les ventes de PHEV ont diminué de 1%. Ensemble,ces deux types de véhicules ne représentaient que 44,2% des ventes totales.
Face à cette réalité, Volvo mise désormais sur une approche plus pragmatique.Le PDG de Volvo, Håkan Samuelsson, a déclaré que l’entreprise ne se précipiterait pas pour abandonner complètement le moteur à combustion interne, mais l’utiliserait dans les modèles PHEV et, plus particulièrement, dans les véhicules dotés de la technologie EREV (Extended Range Electric Vehicle).
EREV : l’avenir de la transition ?
Volvo voit dans les EREV un potentiel significatif. Cette technologie utilise un moteur à combustion interne non pas pour propulser directement les roues, mais comme un générateur pour recharger la batterie, éliminant ainsi les inquiétudes liées à l’autonomie et réduisant la nécessité d’une batterie volumineuse et coûteuse. Le futur successeur du XC90 sera d’ailleurs équipé de cette technologie.
“Les EREV sont des hybrides de deuxième génération, ou plutôt comme une voiture électrique avec un moteur auxiliaire”, a expliqué Samuelsson.
Un contexte de transition automobile complexe
Cette décision de Volvo s’inscrit dans un contexte plus large de ralentissement de la transition vers l’électrique, confrontée à des défis tels que le coût élevé des batteries, le manque d’infrastructures de recharge et les préoccupations concernant l’autonomie. L’adoption des véhicules électriques,bien que croissante,est plus lente que prévu par de nombreux constructeurs.
La stratégie de Volvo, en maintenant une option hybride et en explorant les technologies EREV, pourrait permettre de répondre aux besoins d’une clientèle plus large et de faciliter la transition vers une mobilité plus durable, tout en tenant compte des réalités du marché. Elle illustre également la complexité de la transformation de l’industrie automobile et la nécessité d’une approche flexible et adaptable.
