10 œuvres à découvrir, entre incontournables et découvertes

Xavier Veilhan
© THOMAS SAMSON / AFP

C’est sur le stand de la puissante Galerie Perrotin (preuve qu’il le faut, c’est là que F. Riester, nouveau ministre de la Culture a commencé sa visite de la Fiac) que Xavier Veilhan a installé trois œuvres. Celui qui a investi Versailles en 2009 a perché un mobile et deux sculptures sur le dessus du stand. Ces travaux sont à l’entrée du Grand Palais, ce seront les premiers points de vue des visiteurs. Le symbole de cette 45ème édition. Prix: 180000 à 200000 euros.

Katarina Grosse
© THOMAS SAMSON / AFP

C’est chez Gagossian que nous découvrons l’installation la plus poétique et monumentale. Katarina Grosse, lors d'une résidence à la Villa Medicis à Rome, a récupéré des pins abattus plantés il y a 200 ans par Ingres. Un pistolet pulvérisateur et l'artiste allemand transforme cette nature morte en un feu de joie coloré. Son installation est une histoire de l'art révisée et corrigée. Ces malles pourraient être acquises par un musée et il murmure au prix de 500 000 dollars. 3La meilleure mise en scène

Y. Klein "Empreinte corporelle faite d'eau et de feu"
© Christophe Airaud

Parmi les 195 stands, composés des cubes blancs habituels des foires d'art contemporain, une galerie se détache et brûle la foire. La galerie Gmurzynska avec "On Fire" présente de l'art moderne dans une caserne de pompiers. Alexandre de Betak, concepteur et directeur de défilés de mode a créé cette affaire éclatante pour accrocher Klein, Miro, Matta. Toutes ces œuvres racontent l'histoire du feu, du feu, de la fumée, à l'image du Klein de 1961 nommé F87. "Empreinte corporelle faite avec de l'eau et du feu". La rumeur a couru dans les allées de la foire. Trois Banksy seraient exposés chez un galeriste. Après que le street artist de Sotheby ait lancé sa "Girl with Balloon" lors d’une vente aux enchères, son nom provoque les pires fugues. En fait, ce serait un faux et à ce moment-là, aucun Banksy n’a été vu à la Fiac. La suspicion, l'artiste, l'as de la cache-cache peut aussi avoir caché une œuvre quelque part au Grand Palais. Affaire à suivre.

Hannah Quinlan et Rosie Hastings
© Christophe Airaud

Dans le secteur Lafayette, au premier étage du Palais à Arcadia Missa, il y a une vidéo queer. Les artistes visuels Hannah Quilan et Rosie Hastings racontent les lieux de rencontre homosexuels de Blackpoll, station balnéaire du nord de l'Angleterre, ancienne ville industrielle en déshérence. Dix-sept minutes pour raconter à la scène gay, les modes de vie étranges dans une ville qui a perdu son panache et qui retombe sur les valeurs traditionnelles. Quand la crise sociale retourne au creux des lieux, des lieux de fêtes et de rencontres gay, sur fond de velours rouge usé et de paillettes décolorées.

G. Baselitz et P. Alabarracin

C'est leur monde à l'envers. Georg Baselitz et son autoportrait de 2005 sont en vente à Skarstedt pour 1,2 million de dollars. Sa peinture est à ce moment minérale, aérienne, légère, la ligne fine. L'artiste a maintenant 80 ans, mais les couleurs pastel et l'orange vif nous font oublier les ravages du temps. À quelques mètres de là, parmi les Vallois, trois photographies grand format de Pilar Alabarracin, également, les fesses suspendues. La robe sévillane en costume andalou, dans sa série "La maman et la putain", jette un regard cru sur la position de la femme, son corps noué avec les ficelles de la tradition machiste. L'élégance de la danse et du vol contraste avec la condition de cette prisonnière.

Thu Van Tran

© Christophe Airaud

Chez Meesen De Clercq, la galerie belge, une bâche dans des tons anciens où vous pouvez deviner comme une carte postale d’un palais d’antan sur les bords de la Méditerranée. Thu-Van Tran, une jeune femme née à Ho Chi Minh en 1979, a retrouvé cette image de la France sur un échafaudage de sa ville natale, faisant ainsi resurgir le passé colonial de Saigon. La bâche sur une toile devient tableau, image du passé entre nostalgie et devoir de mémoire. Thu-Van Tran s’inspire de l’histoire du Vietnam, son pays de naissance, à la recherche des traces à peine visibles de la colonisation et de Saigon, le titre de cette œuvre, est un parfum de mémoire. Valeur: 55000 Euros.

Laure Prouvost
© Courtoisie de l'artiste et de la galerie Nathalie Obadia, Paris / Bruxelles Crédit photo: Bertrand Huet / Tutti image

La galeriste Nathalie Obadia présente une tapisserie réalisée dans les usines belges traditionnelles (valeur 80000 euros). C'est le travail de Laure Prouvost, qui représentera la France à la prochaine Biennale de l'Art à Venise. En 2013, cet artiste plasticien âgé de 40 ans a été le premier artiste français à remporter le Turner Prize, le prix le plus prestigieux de l'art contemporain décerné chaque année au Royaume-Uni. En 3 x 5 mètres, Laure Prouvost dessine son atelier, mais aussi un cabinet de curiosité où sont dispersés ses signes habituels. On reconnaît son univers, son bric-à-brac composé de plantes, de nature invasive, de messages écrits, de sculptures et d'objets de la vie quotidienne. Une tapisserie, un regard intime sur le studio d’un artiste, à travers le trou de la serrure.

Lucie Stahl
© Lucie Stahl

C’est une image, un grand format intrigant accroché au 2ème étage de la galerie Dépendance à Bruxelles. Le visiteur reconnaît une cagoule, une face cachée, un bâton, un souci et une étrangeté. C'est une photo, ou plutôt un scan. En fait, il s'agit de l'impression d'un scan sur aluminium recouvert de résine.Lucie Stahl, née en 1977 à Berlin où elle vit toujours, pose son visage sur la plaque d'un scanner et diffuse des paillettes sur la glace. L'image est ensuite traitée, numérisée, imprimée au jet d'encre puis recouverte de polyuréthane. Le résultat est proche d'une peinture acrylique, d'une impression sur métal. Avec un sentiment d'urgence.

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